Hana no itami // La souffrance d'une fleur

OTAKU les enfants du virtuel

OTAKU les enfants du virtuel   Avant toute chose, il est important de définir le terme le plus important de l'ouvrage. D'après l'auteur et d'autres sources, le sens premier d'otaku est littéralement « votre maison, votre foyer » et par extension, il est une façon polie de s'adresser à son interlocuteur, équivalent au vouvoiement français, mais plus impersonnel.

Nakamori Akio, un chroniqueur à l'Asahi Shinbun, détourne le terme en 1983 et s'en sert pour désigner cette nouvelle génération de japonais consommatrice à l'extrême, friande de culture populaire, liberée des contraintes économiques et politiques de la guerre, et qui répugne à mûrir et à affronter la réalité. Le terme otaku s'avère adéquat en ce sens que ces jeunes s'isolent, pas seulement physiquement car pour ce phenomène le terme d'Hikikomori (adolescents et jeunes adultes qui s'isolent dans leur chambre, n'en sortant que pour les besoins les plus vitaux )est plus approprié, mais qui se servent de l'univers virtuel que leur apporte les médias pour s'échapper des contraintes du quotidien et des relations avec autrui.

Dans l'ouvrage, Etienne Barral va tenter de déterminer les origines précises, non seulement sociologiques mais aussi psychologiques de l'otakisme (néologisme répété maintes fois dans le livre) qui va se réveler être un phénomène bien plus complexe et polymorphe qu'il n'y paraît, véritable reflet du profond malaise qui touche les nouvelles générations nippones, tiraillées entre les anciennes valeurs qui firent la fierté du pays, la pression scolaire et sociale implacable et le désir d'individualisme propre à notre civilisation occidentale actuelle. Ainsi, l'auteur s'éloigne parfois un peu du phénomène d'otakisme en lui-même pour dresser un portrait du Japon à l'ère du nouveau millénaire, un portrait peu glorifiant d'un pays aux nouvelles technologies tellement développées qu'elles semblent parfois écraser les individus...

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La nostalgie de l'ange

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Susie Salmon est une jeune adolescente de 14 ans tout à fait ordinaire, seulement voilà, dès les premières lignes du roman, elle est violée puis tuée par son étrange voisin.

Désormais  dans son propre Paradis,  elle observe les membres de sa famille, ses amis et son étrange voisin, et toutes les modifications que son meurtre a créees sur leurs vies. Elle voit sa soeur grandir et connaître l'amour auquel elle n'a pas pu s'éveiller, elle voit le couple formé par ses parents peu à peu se dissoudre, et elle est obsedée par la crainte qu'un jour ils l'oublient. S'ennuyant dans ce Paradis où elle peut posséder tout ce qu'elle veut sans pour autant ne pas souffrir d'une affreuse solitude (malgré les deux personnes des Paradis proches qui sont parfois avec elle) , elle pense également beaucoup au passé et de nombreux souvenirs surgissent, sans pour autant nuire à la narration.

Néanmoins, la lecture de ce roman m'a laissée plutôt vide. L'idée d'une jeune fille qui observe sa famille et son assassin du ciel n'était pas mauvaise, mais plutôt mal exploitée. De nombreuses pistes de narration n'aboutissent à rien et le récit s'achève de manière abrupte et maladroite, comme si un certain quota de pages avait été dépassé.

Bref, encore un de ces romans de gare (d'ailleurs lu dans le train) qu'on oublie vite. Les critiques semblent encenser ce livre, ne cessant de clâmer qu'il est un best-seller aux Etats-Unis. L'auteur a certes le mérit de revenir sur un passé éprouvant, ayant été elle même victime de viol et de le narrer avec un réalisme poignant, mais le récit est trop décousu, naïf et vide de substance pour qu'il puisse être qualifié de "chef d"oeuvre".  Le style simple est sûrement à l'origine de son succès au pays de l'Oncle Sam. Succès et qualité ne vont pas souvent de pair.

Ma note ♥

  • Des personnages tout de même attachants,  des personnages secondaires bien travaillés.
  • Un thème réchauffé et de plus, mal exploité, une fin assez navrante.

Fiche technique

Auteur : Alice Sebold
Titre original : The lovely bones
Année : 2003
Genre : Drame, fantastique

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Le livre du thé


La voie du thé
Le livre du Thé est un ouvrage aux multiples facettes, au style fluide, agréable et clair, qui m'a donné l'impression de lire à la fois un recueil de fables, un ouvrage sociologique et philosophique. L'auteur introduit le lecteur à l'art du Théïsme avec toute la subtilité que l'on peut attendre d'un adepte, et les sept chapitres aux thématiques bien différentes semblent naturellement liés par le fil conducteur qu'est le Théïsme.

Ainsi, le Livre du Thé constitue un moyen agréable de s'initier à la pensée japonaise, au travers de l'histoire d'un breuvage, certes mais surtout au travers de pensées, de poèmes ou de petites histoires ou anecdotes nous en apprenant plus sur le Taoïsme, le Zennisme, les Maîtres de Thé ou même la décoration japonaise dont la sobriété est explicitée.


Mais Le livre du thé est également une critique parfois assez acerbe de l'Homme, et surtout des occidentaux. Dans le premier chapitre, par exemple, il déplore l'étroitesse d'esprit et le manque d'efforts de compréhension que font les Occidentaux par rapports aux Orientaux. Il explique que l'Extrême-Orient a aussi eu des préjugés ridicules sur l'Occident, avec humour. Il compare la situation actuelle au mythe taoïste du Non-Commencement, dans lequel le ciel est fissuré. Pour l'auteur, ce ciel scindé en deux représente aujourd'hui la scission entre l'Occident et l'Orient et il souhaite que cesse cette dualité, que les deux pôles se complètent. Cela lui paraît idyllique, aussi  pense t-il que le thé constitue un moyen universel d'oublier cette utopie, car il permet de s'extasier de la beauté des choses simples et d'oublier les soucis du quotidien. Il cite d'ailleurs bon nombre de personnalités, d'esprits éclairés, qui, Orientaux ou Occidentaux, avaient en commun un goût prononcé pour le breuvage.

La critique à l'égard de l'Occident est compréhensible en cette époque de changements majeurs pour l'Asie, tiraillée entre traditions et modernisation. L'auteur craint que la culture millénaire si riche de son pays en soit ternie et c'est pourquoi il la défend, démontrant qu'elle est loin d'être étrange, excentrique ou barbare, mais subtile et pleine de nuances, comme autant de variétés et de façons de préparer le thé au fil des années, des courants de pensée et d'écoles.

Bref, un ouvrage que j'ai essayé de voir d'un oeil critique mais auquel je ne peux trouver qu'un seul réel défaut : sa brieveté.
Je n'ai pas vu passer le temps en lisant ce petit bijou de la littérature japonaise.

Fiche technique

Auteur : Okakura Kakuzo
Année : 1903
Genre : Philosophie, Histoire, Essai
Ma note : ♥♥♥♥ Je suis fan !

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L'homme qui souriait

Ce roman policier du suédois Henning Mankell a pour héros l'inspecteur Kurt Wallander, qui semble le personnage fétiche de l'auteur, un peu comme Hercule Poirot était celui d'Agatha Christie.

Alors que celui-ci tente d'oublier qu'il a tué un homme à l'étranger, Gustaf Torstensson, un petit avocat de province sans problèmes, meurt des suites d'un accident de la route. La cause ? Un mannequin de taille humaine placé sur la route.
Pendant ce temps, le fils du défunt trouve Wallander dans sa retraite danoise et lui explique qu'il sent ses jours en danger. Et disparaît quelques jours plus tard.Revenu dans sa Suède natale, Wallander reprend du service pour cette affaire et découvre que toute cette affaire est peut-être liée à un homme bien énigmatique...

Si je pouvais résumer ce policier en un mot, ce serait "Mouais". On se doute très vite des dessous de l'histoire et le reste du récit est un marathon de Wallander, certes attachant dans ses angoisses existentielles bien naturelles, mais vite agaçant.  L'inspecteur fétiche de l'auteur n'a pas le mordant d'un Poirot (oui je sais, je le mentionne pour la seconde fois mais j'aime beaucoup Poirot) ou encore d'un Holmes.  On assiste à l'enquête comme un Dieu omniscient qui n'attend que que les protagonistes découvrent ce qu'il sait déjà... Le suspence n'est pas très efficace, le récit est plutôt long et l'auteur ménage ses effets pour finalement achever le roman de manière prévisible et traditionnelle. Le personnage clé de l'histoire, oui, oui, cet homme qui sourit recèle peu de mystères qui soient réellement innovants. Un récit qu'on a tôt fait d'oublier mais qui est tout de même doté de scènes intéressantes et d'un style assez fluide.

Fiche technique :
Auteur : Henning Mankell
Année : 2005
Genre : Policier
Ma note : ♥ Dans le genre suspence, j'ai vu beaucoup mieux.

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