Samedi 21 Avril 2007
OTAKU les enfants du virtuel
Par Cecropia, Samedi 21 Avril 2007 à 13:42 GMT+2 dans Livres
Avant toute chose, il est important de définir le terme le plus important de l'ouvrage. D'après l'auteur et d'autres sources, le sens premier d'otaku est littéralement « votre maison, votre foyer » et par extension, il est une façon polie de s'adresser à son interlocuteur, équivalent au vouvoiement français, mais plus impersonnel. Nakamori Akio, un chroniqueur à l'Asahi Shinbun, détourne le terme en 1983 et s'en sert pour désigner cette nouvelle génération de japonais consommatrice à l'extrême, friande de culture populaire, liberée des contraintes économiques et politiques de la guerre, et qui répugne à mûrir et à affronter la réalité. Le terme otaku s'avère adéquat en ce sens que ces jeunes s'isolent, pas seulement physiquement car pour ce phenomène le terme d'Hikikomori (adolescents et jeunes adultes qui s'isolent dans leur chambre, n'en sortant que pour les besoins les plus vitaux )est plus approprié, mais qui se servent de l'univers virtuel que leur apporte les médias pour s'échapper des contraintes du quotidien et des relations avec autrui.
Dans l'ouvrage, Etienne Barral va tenter de déterminer les origines précises, non seulement sociologiques mais aussi psychologiques de l'otakisme (néologisme répété maintes fois dans le livre) qui va se réveler être un phénomène bien plus complexe et polymorphe qu'il n'y paraît, véritable reflet du profond malaise qui touche les nouvelles générations nippones, tiraillées entre les anciennes valeurs qui firent la fierté du pays, la pression scolaire et sociale implacable et le désir d'individualisme propre à notre civilisation occidentale actuelle. Ainsi, l'auteur s'éloigne parfois un peu du phénomène d'otakisme en lui-même pour dresser un portrait du Japon à l'ère du nouveau millénaire, un portrait peu glorifiant d'un pays aux nouvelles technologies tellement développées qu'elles semblent parfois écraser les individus...

Ce roman policier du suédois Henning Mankell a pour héros l'inspecteur Kurt Wallander, qui semble le personnage fétiche de l'auteur, un peu comme Hercule Poirot était celui d'Agatha Christie.



